vendredi 12 octobre 2012

Che sensazione di leggera follia sta colorando l'anima mia.

Lundi soir en rentrant de la fac il y avait deux filles en licence philo-socio à coté de moi dans le métro. J'entendais leur discussion : elles ne parlaient que des cours, elles émettaient des jugements sur les profs, elles disaient que l'an dernier elles travaillaient sans vraiment en ressentir le besoin, juste pour se donner bonne conscience, mais qu'aujourd'hui c'était devenu vraiment dur, alors elles se sentaient obligées de prendre de l'avance et ça leur prenait beaucoup de temps, pour ne pas dire tout leur temps, mais ça leur plaisait tellement etc...
Bon j'avoue avoir décroché à un moment parce que j'étais quand même très occupée par la présence de Pastore. Pastore c'est ce type dans ma licence qui est étranger et qui s'habille un peu comme pour partir chasser le sanglier dans le Niolu, inutile de préciser qu'esthétiquement parlant c'est très agréable pour mes yeux qui n'en peuvent plus de saigner devant ce manque absolu de virilité, ces mecs mi figue mi raisin toujours plus nombreux. Donc bref je me reposais la vue avec Pastore (u pastore = le berger en corse, rappel linguistique) tout en pensant que la vie de ces deux filles avait l'air vraiment chiante et qu'en comparaison je m'amuse, je vais, je viens, je lis par amour, je rentre chez moi, je vais au concert de King Krule, je dors, je travaille un peu aussi mais comme rien ne me force objectivement à le faire j'ai l'impression que c'est par plaisir et donc ça n'entrave pas mon bonheur. Ensuite j'ai repris la discussion au moment où elles ont commencé à envisager l'ENS, j'ai souri. D'un coup elles représentaient tout ce que je ne serai jamais et je ne pouvais pas m'empêcher de les détester un peu, de loin, comme je déteste ces gens que je ne connais pas ni ne connaîtrai jamais mais qui sont le symbole parfait des voies qu'inconsciemment ou non j'ai toujours fuis.
Décidément Pastore était bien plus attrayant, je me suis reportée sur lui, j'ai écouté Lucio Battisti.

Précisions :
non en fait, on ne peut pas dire que je les ai détestées, même de loin, parce que pour ça il faudrait vraiment que je me sois sentie concernée par leur existence et ça n'a pas été le cas. Disons plutôt que j'ai esquissé un mouvement de recul, comme on pourrait le faire devant quelque chose qui ne nous semble absolument pas fait pour nous, qui ne nous ressemble pas au point de nous dérouter.