vendredi 17 mai 2013

Donc à midi je montais chez moi, à rebours des lycéens qui descendent le long du F. et je l'ai croisé. Il regardait droit devant l'air un peu contrarié, il ne me voyait pas. J'ai juste eu le temps de penser que l'homme que j'observais là était aussi l'ombre tutélaire qui m'avait obnubilée pendant toute une année, d'une façon parfois déraisonnable, avant qu'il ne tourne la tête et me remarque. Il m'a souri avec douceur, s'est approché, a posé une main bienveillante sur mon épaule et m'a fait la bise. C'est ridicule je sais mais mon coeur jouait l'ouverture de Carmen, au moins. "Qu'est-ce que tu fais là ?" j'ai répondu que je rentrais chez moi "et les études, tu as laissé tombé ?" explication rapide qui se termine sur le-droit-c'est-pas-possible "ah c'est autre chose". "Tu es là pour quelques temps ?" oui, bien sûr, "donc tu restes ici jusqu'à septembre" oui enfin non mais presque, cette manière d'insister sur ma présence me trouble un peu, je veux y voir une invitation, quelque chose qui dirait "repasse me voir". Il reprend tôt, il doit y aller, je dis "on se recroisera sûrement" et il dit oui voilà ou oui bien sûr, enfin oui quelque chose. En continuant mon chemin j'ai du mal à réaliser que "monsieur C. m'a fait la bise".
Trop de sentiments, comme on dirait sur Nrj 12.

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