Toujours ce même malaise devant les universitaires engoncés dans leurs costumes, rigides, parfois jeunes mais déjà l'air si vieux.
R. P. qui s'approche de l'une de nous pour dire qu'un mec comme lui est certes resté toute sa vie sur les bancs de la fac mais qu'il en sait bien plus qu'un autre qui aurait fait quatre fois le tour du monde ; on sent qu'il tente de nous impressionner, de nous donner le vertige, presque de nous faire peur avec son érudition. Je ne sais toujours pas si je dois l'admirer ou m'en moquer.
Le contraste avec monsieur M. et son éternel pull gris informe, sa manière de ponctuer ses phrases, même les plus simples, par des "mais vous comprenez, ça vous convient ?" (comme si on pouvait lui répondre "non, désolé mais on est pas d'accord, là franchement c'est pas possible") et ses heeeuuu un peu gutturaux, rauques, inattendus. Il ne nous dit jamais ce qu'il a fait avant d'enseigner ici, ou d'acheter ses livres, ni que ses méthodes sont les meilleures et je l'imagine bien entrain d'écouter Nick Cave dans son salon en pensant à l'avenir de l'U.E. J'aime beaucoup monsieur M., je crois ; je l'ai aimé dès qu'il est entré dans l'amphi, juste parce qu'il ressemblait à tous les profs que j'avais aimés avant - et ma constance en la matière est épatante, tenez vous le pour dit.
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