mercredi 16 janvier 2013



Je ne sais pas comment font les gens pour se faire des amis. Les voir une fois dans un amphi et puis les retrouver le lendemain, tous les autres jours, petit à petit le week-end. Ça fait plus de quatre mois que j'habite à paris. Sans compter mes camarades de prépa que je fréquentais par nécessité, cette fille avec qui je suis restée deux semaines en philo et qui a même manger une fois avec nous (mais qui ne nous a plus donné signe de vie ensuite) et l'erasmus italien qui venait souvent me parler, je crois qu'on peut dire que je n'ai rencontré personne. D'un coup je trouve ça effrayant.
Hier on essayait de comprendre avec David pourquoi on avait tellement de mal, lui pas tant à rencontrer des gens, il sort beaucoup, mais à nouer un lien avec eux qui pourrait aller croissant jusqu'à, bon, sans parler d'amitié, une camaraderie régulière... On a finit par remettre ça sur le compte de notre clanisme. On est monté ensemble, on reste ensemble, entre nous.
Déjà y a qu'à nous regarder. Si je voyais un mec parler un mot chti deux mot français je trouverai ça d'une beauffitude incroyable. Nous on fait ça aussi pourtant, un mot corse deux mots français, mais ça ne nous paraît pas blâmable puisqu'on a été élevé dans l'idée qu'il valait mieux être corse que français. Déjà on partait mal.
Au début je trouvais ça rigolo cette manière de resserrer toujours un peu plus le cercle. Maintenant je vois Laura : deux ans qu'elle est là et c'est plus ou moins toujours pareil. Tu m'étonnes qu'elle ait tellement l'impression que les choses stagnent. Je n'ai pas envie de continuer  à vivre dans un petit bastia reconstitué et je ne sais pas comment m'en extraire sans abandonner les gens qui en font partie.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire