J'étais heureuse, je n'allais plus qu'en cours de philo, et j'y allais en écoutant "le temps de l'amour". Les cours étaient comme toujours extraordinairement bons, j'ai le meilleur prof du monde.
Et aujourd'hui, voilà, de une à trois c'était le dernier. Ça avait duré huit heures par semaine toute l'année et maintenant c'était fini. Plus de "hmm sur ce point", plus de main sur le menton, plus de "oui, hmm, rajoutez", plus de références incongrues "... et comme dirait Mortorhead, la chasse est toujours meilleure que la prise", "ça c'est ce que dit Pete Doherty dans cette chanson des Libertines...", d'injonctions tout aussi improbable "il FAUT écouter CAN", plus de déclarations à rebours des bons sentiments et donc totalement inédites dans l'éducation nationale, plus de discussions le mercredi midi en descendant du lycée.
Non, il va falloir s'habituer à d'autres profs alors même que rien ne pourra jamais remplacer celui ci.
Pour être honnête et même si c'est totalement ridicule et disproportionné j'ai dû ravaler mes sanglots pendant toute la première heure, et à chaque fois que je commençais à me calmer il se passait quelque chose qui me redonnait encore plus envie de pleurer. D'ailleurs, j'ai fini par lâcher et j'ai pleuré discretos pendant au moins une demie heure non stop, c'était infernal.
Surtout que si ça se trouve, moi, je lui manquerais pas du tout, il m'aura oublier demain alors que moi je serai encore là à parler de lui comme "El Conto" aka LE type qui m'a fait aimer la philosophie, apprendre 10000000000000 choses, et passer les meilleures heures de cours de toute ma vie.
Ohh je comprends un peu ce que tu ressens.. *smiley triste*. Ça me fait la même chose avec le français (entre autres. Sans compter que j'ai AUCUNE envie d'être en terminale). C'est sûr que le passage terminale/études sup' a l'air, disons... quelque peu flippant. Très flippant même.
RépondreSupprimerOui surtout quand tu pars de chez toi, enfin, c'est excitant aussi, très même, mais c'est une super rupture. En ce moment je suis entrain de réaliser que l'an prochain je ne vivrai plus en corse et que ça va sûrement durer pendant des années alors que pour l'instant je n'ai jamais connu que ça. Ça rajoute du poids c'est sûr. Mais ça n'enlève rien au fait que me séparer de mon prof de philo, rien que ça, ça me perturbe alors tout le reste...
SupprimerMais toi pour la terminale, tu verras, moi j'ai aimé ça. Les matières, les cours, ma classe moins c'est sûr... En tout cas, tu verras, ne pars pas négative, j'ai beaucoup d'amis pour qui ça a été la meilleure année du lycée donc bon !
Ca y est, j'ai trouvé le temps de voir ton film. Je crains que mon avis ne te soit pas d'une grande aide, puisque je suis littéralement une tourte en matière cinématographique.
RépondreSupprimerJe t'avoue qu'au début j'étais un peu perplexe, surtout avec la télé qui affiche "find the bad tube and replace it to fix the tv" qui sonne à la fois comme un avertissement, une invitation à une sorte de quête, et comme une mise en abyme avec le double écran et tout, redoublée un peu plus loin avec l'écran rond (je n'ai pas trop compris ce qui s'y passait... >< La météo aux Etats-Unis ?).
Y a donc une récurrence du thème de l'oiseau, déjà annoncé au début avec le plan sur le ciel + les niches à oiseaux (ne me demande pas d'interpréter, c'est au-dessus de mes capacités et je suis sûre d'analyser de traviolle).
Ensuite, y a une sorte de décalage entre la tension suggérée par la trompette aux notes traînantes et la musique-thème du titre du film, qui contraste avec l'explosion qu'on attendait plutôt. En fait j'ai un peu l'impression que le contraste est central dans ton film, surtout au niveau des plans et de la lumière (intérieur/extérieur ; plan serré, encadré/paysage ouvert ; jour/nuit, etc.).
Ensuite, la musique passe un peu brutalement à "I know". Perplexité maximale vu que l'ambiance lynchienne créée est un peu en décalage avec l'ambiance "vacances" des deux filles en maillot de bain qui vont se baigner...
Je sais pas mais l'oiseau à l'air de jouer une sorte de rôle de transition, puisque c'est sur le plan de l'oiseau rouge que s'opère le changement musical.
Le thème du double aussi est récurrent : les deux baigneuses, les deux ampoules allumées et les deux éteintes du ventilateur, les deux tableaux d'oiseau, la position "face" d'une nageuse sur le dos, et "pile" sur le ventre...
Surprenant aussi le fait qu'on "découvre" les personnages, les corps humains, par un morceau d'anatomie, souvent les jambes, parfois la tête. Ça donne une impression de mystère (pour les jambes), et de découpage brutal et marqué pour la tête (ou le buste). Enfin je sais pas trop en fait... mais je trouve vachement intéressant tout ce jeu sur le hors-champ, ça me fait penser un peu aux estampes japonaises, qui coupent volontairement le paysage ou les personnages représentés pour montrer toute la petitesse de l'homme et l'inéluctabilité du temps qui passe... sauf que là, le sens est beaucoup moins zen, plus angoissant.
Ah, j'ai pas parlé du ventilateur. Ben moi ça m'évoque une sorte de mécanique implacable, comme la spirale de la folie, qui pourrait faire référence au dédoublement suggéré par tous les doubles que tu introduis...
(...)
(suite et fin :)
RépondreSupprimerQuant à la fin : je sais pas quoi relever d'autre que les contrastes très forts entre la masse sombre du drapeau et et la forme très claire du voile dans lequel est enveloppée la jeune fille. Une sorte de parallèle entre le plan avec le rai de lumière vive au centre, et, juste après, l'oiseau rouge au centre du plan suivant. Là encore, jeu intéressant, non plus sur le champ mais sur le cadrage : on voit un encadrement de porte, puis une composition étrange, figée, comme un tableau, avec dedans l'autre cadre, celui du vrai tableau.
Enfin voilà. C'est plus descriptif qu'analytique, mais j'ai peur de dire beaucoup de choses stupides et surinterprétées, si ce n'est pas déjà fait. Je pense pas pouvoir formuler un avis du genre "j'aime" ou "je n'aime pas", je pense que ton court-métrage est trop expérimental pour ça. C'est plus une sorte d'essai esthétique (style clip), puisqu'il n'y a pas d'intrigue explicite. C'est comme si cette succession de plans parfois énigmatiques et vraisemblablement à forte charge symbolique demandait à faire sens... tout en laissant la place à l'imagination.
J'ai l'impression d'avoir déballé une quantité de banalités et de lieux communs, sorry si je suis totalement à côté de la plaque.
(je comprendrais que tu ne veuilles pas publier ces commentaires, no problem.)
Sinon, par rapport à ton article, moi ça me fait la même chose avec mon prof de litté. Il est super timide et réservé, mais passionné dans ses cours, même si en début d'année ses heures semblaient austères. C’est marrant, les relations prof/élève, il y a toujours une certaine distance et une forme d'inaccessibilité, mais c'est sans doute ce qui les rend si précieuses. C'est un peu cruel de se souvenir aussi qu'elles ne sont toujours qu'univoques. Faudrait écrire un bouquin là-dessus (je suis sûre qu'ça a déjà du être fait).
RépondreSupprimerOn a finit par maths. ES oblige. Et on a bossé. Prof sadique oblige. Y'avait une nana derrière moi qui badait mais tellement. Elle m'a regardé les yeux plein de mélancolie et m'a dit: j'ai l'impression d'être la seule à qui ça fait quelque chose.
RépondreSupprimerMais dans le fond on était tous pareil. Peut être moins émotif mais tiraillé quand même entre l'envie de passer du stade fœtus jeune émancipé (sous entendu libre avec un quota de galères en plus) et l'envie de stagner là, dans ces couloirs qu'on aura arpenté pendant des années.
Oui on est lundi et je passe mon bac lundi prochain. Quoi de plus normal que de trainer par-ci par-là entre deux fiches de révisions ? C'est après avoir perdu un combat contre une mouche mené à l'aide de mes fiches d'histoire-géo que je tente d'atténuer la douleur d'avoir fait tomber le paquet à mes pieds. Jusqu'ici tout allait bien dans ma vie.
2NDE ! Roh !
RépondreSupprimerAsh : "Mais dans le fond on était tous pareil. Peut être moins émotif mais tiraillé quand même entre l'envie de passer du stade fœtus jeune émancipé (sous entendu libre avec un quota de galères en plus) et l'envie de stagner là, dans ces couloirs qu'on aura arpenté pendant des années." c'est exactement ça.
RépondreSupprimerAnonyme : hahaha genre c'est un drame aussi.