mardi 5 juin 2012

El Conto II.

En fait j'ai beaucoup pleuré pour rien parce qu'hier et ce matin je suis restée deux heures dehors, devant le lycée, à parler avec Mr. Philo.
C'est drôle mais j'ai l'impression qu'on a nos thèmes fétiches sur lesquels on peut revenir en boucle, encore et toujours, sans jamais s'en lasser. La Nouvelle Vague, Houellebecq, Dostoïevski, la modernité, le catholicisme, la seconde guerre mondiale, la musique, le parti socialiste.
Un à moment il y avait L. avec nous et je me suis rendue compte à quel point, et lui et moi, on se souvenait de toutes ses formules, ses exemples : "là où les américains sont forts c'est quand ils vous montrent un commissariat au cinéma, on a vraiment l'impression que ça en est un, alors que chez les français ça ressemble toujours à un hangar avec trois flics à l'intérieur",  "si un jour Godard n'a pas dit une bêtise c'est bien ça : pour guérir le cancer, il faut que les chercheurs lisent John Le Carré, parce que lui il sait comment marche une cellule" etc etc etc, à l'infini.
Et puis à la fin il m'a dit qu'on se révérait certainement dans la semaine et que de toutes manières, l'an prochain, pendant les vacances j'avais qu'à passer le voir. Du coup me voilà rassérénée.


En fait mon prof de philo ressemble un peu à Bashung jeune, même si je suis définitivement la seule à le penser.

jeudi 31 mai 2012

El Conto.

J'étais heureuse, je n'allais plus qu'en cours de philo, et j'y allais en écoutant "le temps de l'amour". Les cours étaient comme toujours extraordinairement bons, j'ai le meilleur prof du monde. 
Et aujourd'hui, voilà, de une à trois c'était le dernier. Ça avait duré huit heures par semaine toute l'année et maintenant c'était fini. Plus de "hmm sur ce point", plus de main sur le menton, plus de "oui, hmm, rajoutez", plus de références incongrues "... et comme dirait Mortorhead, la chasse est toujours meilleure que la prise", "ça c'est ce que dit Pete Doherty dans cette chanson des Libertines...", d'injonctions tout aussi improbable "il FAUT écouter CAN", plus de déclarations à rebours des bons sentiments et donc totalement inédites dans l'éducation nationale, plus de discussions le mercredi midi en descendant du lycée. 
Non, il va falloir s'habituer à d'autres profs alors même que rien ne pourra jamais remplacer celui ci.  
Pour être honnête et même si c'est totalement ridicule et disproportionné j'ai dû ravaler mes sanglots pendant toute la première heure, et à chaque fois que je commençais à me calmer il se passait quelque chose qui me redonnait encore plus envie de pleurer. D'ailleurs, j'ai fini par lâcher et j'ai pleuré discretos pendant au moins une demie heure non stop, c'était infernal. 
Surtout que si ça se trouve, moi, je lui manquerais pas du tout, il m'aura oublier demain alors que moi je serai encore là à parler de lui comme "El Conto" aka LE type qui m'a fait aimer la philosophie, apprendre 10000000000000 choses, et passer les meilleures heures de cours de toute ma vie.


mercredi 16 mai 2012

Les Filles du Drame

Je les aimante, sans rire. Celles dont chaque épiphénomène semble déterminer la vie entière ; plus aucun sens des priorités n'existe : un texto malhabile pousse à boire du dissolvant, une virgule de travers et c'est leur point dans la figure avant même qu'on ait eu le temps de dire ouf. D'un problème l'autre, ça n'arrête jamais. 
C'est sans parler des crises de larme, d'hystérie, de paranoïa, de joie (quoique nettement moins récurrentes pour le coup, mais tout aussi démesurées) qui rythment leurs quotidiens et, dès qu'elles sont dans les parages, le mien.
À Bastia je m'en tire bien parce que mes fréquentations sont réduites au minimum - c'est un euphémisme. J'ai fait le ménage... ou plus exactement il s'est fait tout seul. Mais dès qu'on me jette dans un environnement inconnu, d'instinct, ça n'est jamais les personnes saines et équilibrées qui viennent à moi. Bon... on ne va pas se mentir, ces gens là n'existent probablement pas : on a tous nos névroses, mais quand même, y a des paliers ! Moi, ma spécialité, c'est le degrés zéro de l'harmonie ; la constance, connait pas. De ce coté là, pas de soucis, ça me fonce dessus comme abeille sur miel. 
Au début j'ai toujours tendance à m'en plaindre. En fin de compte, c'est mieux comme ça. 
Je peux me tromper mais j'ai l'impression que plus les autres sont instables moins je le suis. Quand je dois réguler quelqu'un je suis plus calme et, probablement, plus intelligente. Mon cerveau fonctionne mieux. À contrario, avec mon père qui est la quiétude personnifiée je pète les plombs sans arrêt. J'ai les fils qui se touchent pour de bon. 
Y en a qui s'adaptent aux gens qu'ils côtoient en s'accordant à leurs caractères : excité avec les agités etc. Je fais pareil à l'envers. 

En fait, si je raconte tout ça c'est parce que je pense à l'an prochain. Enfin à Septembre je veux dire. 
Je ne suis pas particulièrement angoissée, sauf peut-être à l'idée de devoir faire les courses et le ménage, mais tout ce nouveau me donne le vertige. Alors j'essaie de théoriser mes expériences passées : comment j'ai fait la dernière fois que je suis arrivée dans un endroit inconnu de part en part, comment je me suis adaptée, comment j'ai réussi, c'était qui qui venait vers moi et qui ne m'aimait pas ? Dit comme ça on pourrait croire que j'ai carrément peur, c'est beaucoup plus subtil que ça.  
Et pendant que je me pose toutes ces questions je ne pense pas au bac. 
J'en deviendrais presque attendrissante à espérer une mention très bien tout en continuant mes révisions à la venvole (cadencées soit dit en passant par Patrick Coutin - "J'aime regarder les filles" plus précisément, la version qui dure 5min, GÉNIE.)   

lundi 20 février 2012

"Tout en idéal et en muscles."

D'un, sache que je name code le type pour qui je vais écrire un texte, qui est aussi le type beau-intelligent-rebelle-aventurier mais ça tu l'avais peut-être déjà compris, Sanders. Pourquoi Sanders ? Parce que personnage dans un livre, voilà, c'était ou ça ou Achille du Bartas qui allait très bien mais qui était trop long à écrire.
Bref j'ai donc fait lire le livre de Sanders à mon padre et aujourd'hui il a passé 20 minutes à me dire tous ses défauts que je n'avais pas envie de voir. Mais comme mon père c'est un peu dieu dans ma vie, maintenant je suis obligée d'en tenir compte alors j'arrive plus à écrire alors c'est la merde. Je pense que je vais le reprendre pour ressentir une nouvelle fois l'air de révolte qui s'échappe de ses pages, qui te donne envie de te lever d'un coup et de partir te battre contre... LE MONDE ENTIER.
La nuit dernière j'ai rêvé que mon texte était trop bien écrit, trop beau, trop intelligent, trop juste et que Sanders le trouvait génial. Entre temps, dans la vraie vie, il n'a pas répondu à ma question donc j'ai décidé de m'en foutre parce qu'elle n'était pas vraiment pertinente de toutes façons.
Donc voilà je l'écris ce soir je l'envoie demain et point final fin de l'histoire. Faut pas que j'attende ni un merci, ni qu'il en fasse quoique ce soit, ni rien. C'est pas comme si j'étais son nègre, je veux pas être dépendante d'un quelconque désir de reconnaissance. D'ailleurs je suis même pas sûre d'en vouloir.

Quand tu lis ce blog, t'as de quoi remettre en question mes supposées capacités à écrire un texte intelligent mais n'est crainte, j'ai des ressources. Peut être pas autant qu'il le faudrait mais quand même.

mardi 14 février 2012

"Cette belle jeunesse où nous avons souvent pensé crever de rire ensemble."

C'est tellement bizarre de parler d'amitié, de dire, tu vois, cette personne m'a plus influencée que toutes les autres réunies ou c'est avec elle que j'ai eu ma première cuite, fumé ma première cigarette, écouté mon premier nine inch nails, vu the streets ou jeff beck. Des fois, ça me donne le vertige rien que d'y penser. J'ai l'impression qu'une mythologie se dessine entre tous ces épisodes, toutes ces personnes, tout quoi.


jeudi 9 février 2012

Et le combat cessa faute de combattants.

Est-ce que ça fait psychopathe-stalkeuse si on envoie des messages par facebook pour avoir des renseignements sur une formation à des gens qu'on ne connait ni d'ève ni d'adam juste parce qu'on a vu que ces personnes faisaient partie du groupe de la promotion 2011-2012 et que l'internet est bien pauvre en témoignage ?
J'aimerai  ne pas avoir peur d'envoyer un mail tsé comme ça dans la vie. Non mais je vais le faire mais je me demande juste si ça renvoie une image négative ou non.

Ma classe me désespère trop. J'ai envie de tout arrêter, de ne plus y aller, la conseillère d'orientation m'a dit que j'avais le profil que recherchais les prépas mais j'ai des notes de merde depuis le début du trimestre. Là j'ai eu un 13 en philo. J'ai lu la copie d'une meuf qui a eu 16 et ouais elle a ressorti le cours, exactement comme ça, j'ai trouvé ça ultra chiant à lire. Je sais pas cela dit si c'était son travail ou la philo en général. Je sais pas si le mien est mieux, plus ludique, c'est visiblement pas le cas mais ça m'a juste donné envie encore plus de tout envoyer balader.
C'est triste d'être dépendante de l'ambiance, de ce qui se passe à l'extérieur pour réussir à se mettre au travail. Je trouve ça assez faible de ma part.
Donc pour en revenir à cette fille dont j'ai lu la copie, ça me motive pas de me battre pour avoir des meilleures notes que ça, pour moi apprendre son cours par coeur c'est pas ça avancer intellectuellement. C'est même pas ça être intelligent. J'ai rien contre les gens qui le font mais je dis juste que ça ne me stimule pas personnellement pour avancer.